Lorenzaccio
Texte d'Alfred de Musset - Mise en scène de Gérald Garutti
Spectacle

Lorenzaccio

Une pièce où se cristallisent un désenchantement générationnel, un sentiment d'impasse historique et d'impuissance collective, qui n'est pas sans résonner en nous aujourd'hui.

Texte d'Alfred de Musset

Lorenzaccio, drame romantique en cinq actes, est écrit par Alfred de Musset en 1833, et publié en août 1834 dans le premier tome d'Un Spectacle dans un fauteuil.

« Une pièce où se cristallisent un désenchantement générationnel, un sentiment d'impasse historique et d'impuissance collective, qui n'est pas sans résonner en nous aujourd'hui. »

Gérald Garutti

L'histoire se déroule à Florence en 1537 : la ville est alors contrôlée par Charles Quint, empereur du Saint-Empire Romain Germanique et par le Pape. L’empereur nomme à la tête de la ville Alexandre de Médicis, être vil et débauché, à la vie dissolue, qui fait de la ville sa courtisane, au désespoir de la population comme de la noblesse. Des lamentations d’une aristocratie passée qui regrette sa splendeur perdue, aux critiques d’un peuple réprimé et banni qui rêve à voix basse d’une nouvelle magnificence, il semble que la ville soit prête à s’embraser.
La pièce décrit le complot d’un héros romantique, Lorenzo de Médicis, visant à assassiner un duc iconique de la décadence dans laquelle s’enfonce la ville, et parangon d’un pouvoir arbitraire : Lorenzo qui est pourtant le fidèle compagnon de luxure du duc, l’entremetteur qui ouvre le lit des filles, le nonchalant qui se joue et se moque de la cour, le joyeux drille qui a décapité les têtes des statues, le trublion qui se joue des velléités de révolte d’une cour bafouée, le dilettante qui s’est détourné des études, le poltron qui refuse le duel et le libertin qui désole sa mère. Il devient celui que les Florentins appellent Lorenzaccio, suffixe marquant le mépris. Incarnant toute la débauche de la ville, il jouera donc un double jeu pendant toute la pièce, tiraillé entre le vertueux « Lorenzino », idéaliste romantique par excellence, et celui de « Lorenzaccio », personnage corrompu et pervers, qui lui collera bientôt à la peau.



La pièce est aussi fondée sur l’entrelacement de deux autres intrigues parallèles. D’une part, le Cardinal cherche à asseoir la mainmise de l’Eglise sur Florence à travers la liaison entre la marquise de Cibo et le duc. S’entremêlent alors les machinations du Cardinal, les espoirs pour la marquise de faire du duc un meilleur prince, la volonté de jouissance immédiate du duc qui se lasse très vite des discours politiques de la marquise. D’autre part, Julien Salviati, ami du duc, interpelle grossièrement Louise Strozzi et se joue d’elle ouvertement. Son père, et ses frères, chefs de file du camp républicain, fermement opposés au duc décident de se faire justice. Mais des dissensions apparaissent au sein du clan Strozzi sur la façon de laver l’affront. Si les frères décident de prendre les armes d’abord pour tuer Salviati puis pour mener la révolte contre le duc, leur père se montre plus mesuré. La mort subite de Louise Strozzi entraîne l’exil à Venise de son clan où son père appelle de ses voeux un soulèvement mais ne veut plus le mener et où ses frères sont abandonnés par leurs troupes de dissidents.

Lorenzo, lors de l’exécution de son plan, fait le tour des demeures républicaines pour annoncer la mort prochaine du duc et l’occasion propice d’un soulèvement : il est dédaigné pour le débauché qu’il est, et personne ne l’écoute. Au palais du duc, le cardinal Cibo et le légat du pape tentent en vain de convaincre le duc que Lorenzo complote contre lui – son incrédulité permet in fine à Lorenzo de frapper. Mais suite au meurtre, les dignitaires du régime florentin organisent la succession d’Alexandre : Côme de Médicis est proclamé duc, sans que la ville ne se soulève. La révolte s’éteint, le changement annoncé n’a pas lieu.

La Florence de 1537 est le théâtre d'affrontements qui ne sont pas sans rapport avec la situation que Musset connaît en France devant les « Trois Glorieuses », et l'échec des journées révolutionnaires de juillet 1830. Si les désillusions politiques que cet échec engendre permettent un parallèle avec la France de la monarchie de Juillet, Louis-Philippe succédant à Charles X, c’est plus profondément un questionnement de la possibilité même d’un agir qui est ici posé : de la possibilité d’un idéal, ou d’une perspective face à l’histoire. Tragédie du désenchantement, riche en résonances devant la contemporanéité de notions telles que la « fin de siècle » ou la « fin de l’histoire », Lorenzaccio s’affirme comme une incontournable grille de lecture de l’action politique.

L’équipe artistique

D’après l’oeuvre d’Alfred de Musset

Adaptation et mise en scène de Gérald Garutti

Avec Stanislas Roquette, Pauline Coffre, Olivier Constant, Païkan Garutti, Louise Herrero, Mathias Marty, Léonard Matton, Nine de Montal, Maxime Pambet, Claude-Bernard Pérot, Matthieu Protin, Anne Raphaël, Yves Roux, Maximilien Seweryn, Elie Triffault et avec la participation d'un chœur amateur


L’équipe technique

Lumières Bertrand Couderc

Son Bernard Vallery

Costumes Thibaut Welchlin

Accessoires Stéphane Bardin et Nicolas Roy

Scénographie Karin Serres

Assistants à la mise en scène Raphaël Joly et Léonard Matton

Régie générale François Pelaprat

Régie lumière Jérôme Delporte

Régie son Estelle Gotteland

Habilleuse Magali Castellan

Maquillage et coiffure Romain Marietti

Administration Laurent Letrillard


Production Compagnie C(h)aracteres.

Coproduction Comédie de Caen / CDN de Normandie, Théâtre de Suresnes Jean Vilar, Théâtre Montansier / Versailles, Théâtre de l’Union - CDN du Limousin.

Avec le soutien de l’ADAMI, de l’ENSATT, de VEOLIA, de la région Île-de-France, du département de Seine-et-Marne et de la ville de Vaux-le-Pénil.

La compagnie C(h)aracteres est en résidence à la Ferme des Jeux / Vaux-le-Pénil, depuis 2013.

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Lorenzaccio

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